Fanal

João Pedro Trindade

2.07.26 > 4.10.26
53 Rue Drelon

Clermont-Ferrand

chez Bruno

Literature has the same impact as a match lit in the middle of a field in the

middle of the night. The match illuminates relatively little, but it enables us to see how much darkness surrounds it. — William Faulkner

 

Dans Fanal, le geste de João Pedro Trindade évoque et fait écho à cette allumette de Faulkner. Ce qui est ici suspendu — vestiges d’un processus sculptural, débris de plastique, formes irrégulières — ne se veut pas une solution lumineuse, mais un mécanisme de révélation aussi concret que métaphorique. Le spectateur, dans sa pratique ludique, traverse la pénombre avec sa lampe torche. Il ne se contente pas d’éclairer l’objet : il se lance dans l’immensité de l’obscurité qui le sous-tend

et rend possible la myriade des existences. Le rêve d’une dualité dansante et

féconde, non exclusive. Fanal est, dans son essence, ce que son nom évoque : cette lumière de navire, cette lanterne qui guide le chemin au cœur de la nuit, pas en dissipant toute l'obscurité, mais en nous permettant de nous y retrouver, dans l’épaisseur même de son immensité. Le travail de Trindade, est habitué à mettre en tension la concrétude la plus élémentaire de la matérialité sculpturale et de sa physicalité. Soulignant l’accident, ses gestes préservent la mémoire des traces et trouvent ici une nouvelle vulnérabilité. Entre le déchet et la forme, il invoque une alchimie où le rebut devient lumière.

 

En révélant les cicatrices, les ondulations et les nuances cachées dans le plastique transparent, l’artiste nous invite à une forme de savoir à la fois enfantine et profonde : la prise de conscience que la clarté est un exercice d’attention infinie. Dans cette installation, voir est une manière ontologique de produire du savoir. C’est un savoir intime — une forme d’orientation qui traverse la peau de la matière. En allumant le Fanal par le regard, nous ne voyons pas le plastique ; nous voyons notre capacité, face au débris et au fragment, à décider ce que la lumière nous permet de découvrir.

 

Caverne imaginaire de Platon libérée de la tromperie malveillante, élevée au rang de chambre des merveilles particulière et enfantine.

 

Signé
Marta Bernardes

Artiste